Vendredi 16 octobre 1914

Je suis remplacé et je retourne à Réchézy.

Réchézy

Réchézy

Le soir, nous quittons Réchézy pour Retzwiller. Je repasse par Seppois. Les obus ont fait un  joli travail dans les champs et sur le bord de la route : çà et là, quantité de trous énormes ouverts par les obus. Je rentre à Retzwiller. L’escadron arrive peu après.

Je reste à Retzwiller jusqu’au 19 octobre

Seppois champ de bataille

Seppois champ de bataille

Mardi 13 octobre 1914

Matin : je suis à Seppois où j’ai passé la nuit.

Seppois le haut et Seppois le Bas

Seppois le Haut et Seppois le Bas

Nous sommes réveillés par le canon français dont une batterie est installée en haut du village. Peu après, le canon allemand répond et par suite des coups tirés trop court, les obus tombent à côté de la maison où nous sommes. Plusieurs tombent sur une maison située à proximité. Un tombe en face de nous, à 15 mètres, mais aucun n’est atteint. Les coups deviennent plus longs et les marmites* se rapprochent de la batterie en nous épargnant. La batterie française ne tire que par intermittence, ce qui détourne un moment le village des coups allemands.

Six cyclistes, un commandant du 372e et moi, allons nous placer au carrefour situé au centre du village. Une batterie française, située du côté de Largitzen, est aussi le point

Seppois le  Haut

Seppois le Haut

de mire de l’ennemi qui crible le bois dominant de projectiles, puis vient le tour d’une autre placée du côté de Pfetterhausen. Puis tour à tour chaque batterie. Les Boches nous envoient de gros obus et quelques 77. Beaucoup éclatent dans les terres en haut du village et entre Seppois le haut et Seppois le bas. Le soir, il y a un véritable arrosage. La rue de Seppois le haut est littéralement balayée. Une maison prend feu. Un enfant est tué, puis le canon se tait. Nous n’avons eu qu’un tué et quelques blessés du 372e, 6 chevaux tués, 3 hommes blessés et un caisson endommagé à la batterie de Largitzen. Les fusils ont très peu tiré.

 

Marmites : dans l’argot des combattants, désignation des projectiles allemands par les Poilus, en particulier des « Minenwerfer », sans doute  en raison de leur forme et de leur poids.